Pour une fois, soyons brefs et concis. Bien qu'ils s'en défendent, les ambiguïtés relevées dans les discours des leaders les plus médiatisés des Gilets Jaunes et leur adhésion à des thèses complotistes clairement identifiées d'extrême-droite, font d'eux les ouvreurs de la rampe de lancement dont espère bénéficier le Rassemblement National dans la perspective des prochaines élections européennes. Noyauté,
détourné, récupéré, infiltré, infesté, le mouvement gilet jaune, à l'origine né d’un ras le bol
de la fiscalité sur les carburants a, pour une bonne part, vendu son âme aux Méphistos de la politique,
des professionnels initiés aux arcanes de la démocratie représentative, à
l’affût de la moindre opportunité susceptible d'assouvir leur appétit de
conquête du pouvoir.
Et si le pouvoir entendait le message? |
Mis en berne depuis le lamentable débat de l’entre deux
tours qui avait révélé à quel point l’amateurisme de Marine Le Pen aurait
tourné au fiasco si elle avait été élue présidente, son parti ne savait plus à
quel saint se vouer pour se refaire la cerise jusqu’à ce que, par un signe fortuit du
destin, les Gilets Jaunes se profilent dans l’horizon politique. Quelle
fantastique opportunité, un véritable cadeau du ciel.
Pour une fois, loin des problèmes d'immigration et des banlieues islamisées, de bons Français, pur souche, pur porc, reprenaient en choeur la Marseillaise, brandissaient des drapeaux tricolores, surgissant des territoires oubliés de la France
profonde pour composer un cocktail très « Révolution Nationale » qui ne pouvait
que semer des étoiles dans les yeux (pas celles de l’Europe, entendons-nous) des Marinistes et de leurs émules.
Les Gilets Jaunes s'inspirant, selon lui, point par
point de son programme, le RN s’est mis à rêver, pressentant son heure venue. Et les sondages ne pouvaient
que lui donner raison. Avec Macron et les millions de "moutons enpanurgés" qui avaient
voté pour lui, bientôt traînés à la potence, avec de plus un Jean-Luc Mélenchon aux arguments totalement brouillés vu son allégeance à l’épouvantail Maduro, Marine apparaissait,
d’un coup, comme l’héroïne salvatrice, à la fois blonde et de bon lignage, une nouvelle Jeanne
d’Arc la virginité en moins, capable de libérer la France du complot
judéo-communiste qui commençait à la gangréner.
Dans ce registre, les fake-news
donnaient de la voix pour alarmer l’opinion sur les projets machiavéliques de
l’imposteur Macron : le Pacte de Marrakech entérinant l’arrivée sur notre sol de
plusieurs centaines de de millions de Noirs affamés à la machette facile, tous musulmans et polygames; le Traité d’Aix-La Chapelle avec la cession à
l’Allemagne de l’Alsace Lorraine et l’obligation pour tous les écoliers d'apprendre l’allemand avant même de savoir parler le Français. Tout cela pourrait
sembler d’une bêtise sans nom mais ils sont nombreux parmi les Gilets Jaunes à l'avoir cru. Enfin, ils ont
fait semblant d’y croire parce qu’ils y trouvaient leur compte. On aura beau
dire ce qu’on veut mais ces gens qui se réclament sans relâche de leur
apolitisme démontrent à chaque jour qui passe une fine intelligence
politique, voire même une maîtrise de tous les travers de la politique.
Pour quel piètre résultat ! La France continue de s’engluer
dans ses délires, ses utopies infantiles, devenant même un sujet de risée pour
le reste du monde, sans compter les croche-pieds bien ciblés adressés par
certains pays à l’attention de notre président, alors même qu'on ne peut pas dire qu'il brade nos intérêts à des
puissances hostiles.
La France n'a de leçon à donner à personne Occupez-vous de vos Gilets Jaunes ! |
La Russie ne s’est pas privée d’ironiser sur la France devant
l’ONU en évoquant le mouvement des Gilets Jaunes comme une bonne gifle adressée
au freluquet qui ose donner des leçons au reste du monde. Plus l’image de la France
se dégrade, plus les Gilets Jaunes scellent un peu plus le sort tragique de leur
propre pays, manipulés par tous ceux dont l’intérêt est de bâillonner sa voix
tant elle est devenue incompatible avec le discours des populistes qui frayent
avec l’extrême droite, excitée à l’idée du référendum révocatoire destiné à
virer le président Macron.
Avec le RIC, c'est oui ou non. Au moins on n'est pas dans la nuance |
Sauf que si ça ne marchait pas, à quoi pourrait-il
servir ? En fait, il n'aurait plus guère d'intérêt. On peut bien sur imaginer toutes les questions
qui pourraient faire l’objet d’un RIC, que ce soit l’euthanasie, la
libéralisation du cannabis, la PMA pour toutes, la GPA, la réduction du nombre
des députés et des sénateurs, la baisse des charges ? Parlons-en de la
baisse des charges. On a fait croire qu’elle ne créerait pas d’emplois mais
permettrait aux patrons de s’en mettre plein les poches. On entend là le
discours anti-entreprise que rabâche depuis plus de 60 ans une Education Nationale accrochée bec et ongles à une idéologie rassie, hostile à l’idée que tout
emploi est condamnable dès lors qu’il est supposé utile, vantant au contraire
le droit au métier inutile : pas de souci, mais à la condition que
l’inutilité revendiquée coûte un peu moins cher à ceux qui, pas assez
intelligents et sans pedigree suffisamment bourgeois pour vivre de rentes, sont condamnés à gagner leur vie de façon bassement utile. Il y a fort à parier que les vraies questions de société passent au second plan dans l'imaginaire du RIC, d'abord destiné à révoquer des élus.
La nouvelle vient de tomber, le référendum a donné la victoire au oui à 51% Macron vient de démissionner |
Savourons pour cela un instant de politique-fiction. Téléportons-nous au mois d'avril. Nous sommes après
l’acte XXII des Gilets Jaunes (ces gens-là n’ont vraiment pas de maison). Le Grand Débat n'avance pas. On est en pleine cacophonie. Le pays est à bout, les esprits s'échauffent. Il y a eu des échauffourées entre Gilets Jaunes et Foulards Rouges. Lasse de voir l’image de la France continuer de se détériorer comme jamais à travers le monde, La Présidence prend le mors aux
dents et accepte de déclencher le RIC, pressée aussi d'en finir avec les continuels soubressauts de l'affaire Benalla.
Les Gilets Jaunes crient victoire et lancent dans la foulée le
référendum révocatoire. La question : Voulez-vous que le Président soit
destitué pour intelligence avec l’ennemi (il faut bien trouver une raison,
l’ennemi étant en occurrence, la finance)? Une fois les bulletins dépouillés, la réponse au référendum est oui à 51%. La question est à présent de savoir comment comptabiliser les bulletins blancs qui représentent 5% des votants, risquant de ramener le oui à moins de 50%. Comment faut-il aussi interpréter les 40% d’abstentionnistes qui, si on les intègre vont complètement fausser le résultat. A cause d’eux, le oui ne l’emporterait plus que'avec 28% des électeurs inscrits,
pas de quoi crier victoire. Maudits abstentionnistes! Pourquoi donc cette fichue démocratie n’est-elle
jamais capable d'accoucher de résultats vraiment représentatifs de l’opinion, proches
des 97% comme en Corée du Nord, au Turkménistan ou au Zimbabwe, voire même des
100% comme au temps du peu regretté Sadam Hussein? Effectivement, la
démocratie pose problème.
Le problème, en effet, est qu'on a eu de cesse depuis plus de dix-huit mois d’entendre à droite aussi bien qu’à gauche qu’Emmanuel
Macron a été élu avec un trop faible pourcentage de voix pour posséder une réelle
légitimité. Mais alors, comment justifier la légitimité d’un référendum dont la révocation
du président ne serait décidée que par un peu plus d’un quart de la population?
On l'avait cru politiquement mort Le voilà réélu! |
Au final, les votes blancs et les abstentionnistes sont reconnus comme comptant pour du beurre. Dure leçon de réalisme. Macron quitte donc l’Elysée. On
procède dans la foulée à de nouvelles élections. Or, faute de prouver pour ses accusateurs publics qu’il y a eu entente avec la Banque Rotschild pour vendre la France à la diaspora, l’ex-président Macron est autorisé à se représenter. Ce qu'il fait parce que comme il le dit lui-même, il a l'âme d'un combattant. Et voilà que coup de théatre, c’est lui qui remporte la mise au second tour. Emmanuel
Macron, le haï des partis, lui, le Président des Riches, le mondialiste qui
a bradé la France aux Boches, c’est encore lui que les Français préfèrent à
tous les autres. Ils (les Français) les ont dégagés (les partis) il y a dix-huit mois et n'ont pas voulu se parjurer pour les sirènes du populisme. La France n’est
pas encore l’Italie. Les oppositions en mangent leur chapeau de rage.
L’usurpateur est réélu ! Les Français sont vraiment tous dévots (ou des
veaux, on ne sait plus trop), disait le Général De Gaulle, . Pari
perdu ! Malgré les outrances des
Gilets Jaunes, les ignominies de Monsieur Dupont Aignant
et les banderilles bien ajustées de Marine Vladimirovna, le bon sens l’a emporté. Le chaos ne
sera pas encore pour demain même si la France est toujours au bord du précipice.
Aux dernières nouvelles, Jean-Luc Mélenchon s'est refusé à toute déclaration. Il renoncerait à la Mairie de Marseille. Peuchère, le pooovre!
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